Lever (v. tr., pron. et intr., verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

v. tr., pron. et intr. 

I.
(se conjugue comme Amener ). X e siècle. Issu du latin levare, « rendre léger », puis « soulever, é ».

I. V. tr.

A. Mettre, porter plus haut.
1. Déplacer, mouvoir quelque chose de bas en haut. Levez la lampe plus haut. Lever un poids, un haltère. Lever la vanne d'une écluse. Lever son chapeau pour saluer. Lever son verre en l'honneur, à la santé de quelqu'un. Expr. Lever le rideau, pour commencer un spectacle de théâtre, de music-hall, etc. Lever des filets, des lignes, les remonter du fond de l'eau vers la surface. Lever l'ancre, retirer l'ancre ou les ancres qui retiennent le navire et, par ext., quitter le mouillage, partir. La flotte a levé l'ancre au petit matin. Fig. et fam. Lever l'ancre, s'en aller, se retirer. Expr. fig. Lever le voile, un coin du voile, révéler, commencer à révéler ce qui était ignoré ou caché jusque-là.
2. Spécialt. En parlant d'une partie du corps qu'on dirige, oriente, soulève vers le haut. Lever la tête, un pied, un bras. Lever la main pour demander la parole, pour prêter serment. Expr. Lever les sourcils, en signe d'étonnement, de perplexité, de mécontentement. Lever les yeux, porter son regard plus haut ou vers le haut. Il n'a pas levé les yeux de son journal. Lever les yeux sur quelqu'un, le regarder. Fig. Il n'ose pas les yeux, se dit de quelqu'un qui, ayant quelque reproche à se faire, éprouve un sentiment de honte et hésite à regarder les gens en face. Lever les yeux sur, aspirer à, prétendre à. Il osa les yeux sur un trop beau parti. Lever le nez (fam.), la tête pour regarder, pour porter ailleurs son attention. Il n'a pas levé le nez de son livre, de son travail, il n'a pas cessé de lire, de travailler. Lever la tête, marcher avec assurance ou s'enorgueillir. Aller tête levée, front levé, avec hardiesse, sans crainte. Lever la main sur quelqu'un, faire le geste de le frapper. Lever le poing, par manière de menace ou pour affirmer sa résolution. Fam. Lever le pied , prendre la fuite après quelque escroquerie, quelque malversation. Il a levé le pied en emportant la caisse. Lever le pied, se dit aussi du conducteur d'un véhicule automobile qui relâche la pression sur l'accélérateur. Fig. Réduire son activité. En parlant d'un chien (fam.). Lever la patte, uriner. Par ext. Lever le cœur, donner la nausée. Cette odeur lève le cœur. Fig. Faire éprouver un violent dégoût, un grand mépris. De telles pratiques lèvent le cœur. (On dit aussi Sou le cœur .) Lever entre également dans nombre d'autres expressions dont certaines sont déjà définies à l'entrée principale .
3. Mettre en position droite, verticale ; dresser ce qui était couché, penché, etc. Lever le pont-levis. Lever une trappe. Lever une barrière. Lever un malade sur son séant. Expr. fig. Lever l'étendard de la révolte, se déclarer chef d'une faction, appeler à la révolte. Spécialt. Lever quelqu'un, l'aider à sortir de son lit, l'assister à son réveil, dans sa toilette, etc. Lever un enfant.
4. . Lever du gibier, faire partir de son abri, de son gîte un animal sauvage, le contraindre à s'exposer au tir. Lever un faisan, un lièvre, un chevreuil. Expr. fig. et fam. Lever le lièvre, un lièvre, être le premier à signaler une difficulté, à sou une question embarrassante. Triv. Lever une fille, trouver une bonne fortune.

B. Ôter, enlever.
1. Retirer une chose de la place où elle se trouvait. (En ce sens, subsiste surtout dans des emplois lexicalisés ; on dit aujourd'hui plus couramment Enlever .) Lever le couvercle d'une marmite. Lorsqu'il arriva pour dîner, le premier service était levé (vieilli). Lever le courrier, se dit des agents de la poste qui retirent des boîtes les lettres qui y ont été déposées, afin de les expédier. Lever un obstacle. Lever les scellés. Lever le camp, voir . voir .

Lever un arbre, une plante en motte, les retirer du sol avec la portion de terre qui tient aux racines, afin de les transplanter
Spécialt. Lever la garde, la sentinelle, la retirer du lieu qu'elle surveille, la relever. Lever un corps, procéder par autorité publique à l'enlèvement du corps d'une personne décédée (on dit aussi Enlever ). On le trouva mort dans la rue, la justice envoya le corps. Expr. fig. Lever le masque, se montrer tel qu'on est, agir sans feinte après avoir quelque temps donné le change.
2. Dans certains emplois spécialisés, Lever signifie simplement Détacher une partie d'un tout, prélever. Lever sur un coupon trois mètres de drap. Lever les filets d'une sole. Lever une aile de poulet. Lever un aloyau, un gigot. (On peut dire aussi Prélever .) Par ext. . Lever le plan d'un terrain, d'une place, prendre les mesures nécessaires pour l'établir ; le tracer.


Lever un arrêt, un jugement, une sentence, s'en faire délivrer une copie par le greffier. Lever un acte chez un notaire, s'en faire délivrer une expédition.
3. Rassembler et emporter ; recueillir, percevoir, collecter. Lever les fruits d'une terre (vieilli). Lever les impôts. On levait un droit sur cette denrée. Lever les cartes (vieilli), aux jeux de cartes, remporter la levée ; prendre, grâce à une carte supérieure, celles qu'ont abattues les autres joueurs. Par anal. S'emploie aussi en parlant des soldats qu'on enrôle. Lever des troupes. Lever une compagnie, un régiment, une armée.
4. Fig. Faire cesser, mettre fin à ; supprimer, annuler. Lever la séance. « La séance est levée », déclaration par laquelle on met fin à la réunion d'une assemblée. Lever le siège d'une place, retirer les troupes qui la tenaient assiégée. Lever un blocus. Lever le couvre-feu. Lever une interdiction, une sanction. Lever l'excommunication. Lever des doutes, des scrupules. Lever une ambiguïté, une difficulté. Spécialt. Lever une option, se déclarer acquéreur d'un bien sur lequel on a pris une option. Lever une hypothèque, voir .

II. V. pron.
1. Se mettre debout. Se de son siège. À son entrée, toute la salle s'est levée. Ils se sont levés comme un seul homme, tous ensemble, dans un même mouvement. Se de table, quitter la table après ou pendant le repas. Ellipt. Les convives se levèrent et passèrent au salon. . « Lève-toi et marche ! », paroles adressées par le Christ à Lazare.
2. Quitter son lit. Le malade va mieux, mais il ne se lève pas encore. Spécialt. Sortir du lit pour commencer sa journée, vaquer à ses activités. Il se lève tous les matins à sept heures. Se tôt, tard. Prov. Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Expr. fig. et fam. Se du bon pied, être de bonne humeur au réveil. Se du pied gauche, voir . Il faut se matin pour l'attraper (vieilli), il est très fin et difficile à tromper.
3. En parlant d'un astre. Apparaître sur l'horizon. Le soleil se lève à l'est. La lune se lèvera bientôt. Par ext. Le jour se lève, la lumière du jour apparaît. Par anal. Le vent se lève, commence à souffler. Le brouillard se lève, se dissipe. Le temps se lève, le ciel se découvre. Fig. Il se leva sur le pays un vent de révolte.
4. Avec une valeur passive. Le rideau se leva sur un décor de palais antique. Plusieurs mains se levèrent.

III. V. intr.
1. En parlant de plantes, de graines. Sortir de terre, commencer à pousser. Le gazon, les blés commencent à . Les orges lèvent plus vite que les froments.
2. Gonfler par l'effet de la fermentation. La pâte commence à . La levure fait le gâteau.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je lève; nous levons.") Faire qu'une chose soit plus haut qu'elle n'était. "Levez la lampe plus haut. Cet objet est si pesant qu'on ne saurait le de terre. Lever la bonde d'un étang, la pale d'un moulin. Lever la vanne d'une écluse. Lever la crémaillère d'un cran, de deux crans. Lever les glaces d'une voiture. Levez le pied de ce cheval. Lever la visière d'un casque. Une femme qui lève son voile. À la messe, le prêtre, après la consécration, lève l'hostie. Lever la tête. Il a la mauvaise habitude de les épaules en marchant. Lever les mains au ciel. Quand on prête serment devant un juge, il faut la main. Levez la main et dites la vérité."
"Aller partout tête levée, la tête levée, le front levé," Aller partout sans rien craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun affront.
Fig., "Prendre quelqu'un au pied levé," Faire une demande à quelqu'un, sans lui donner le temps de la réflexion.
"Voter par assis et levé," Manifester son vote, dans une assemblée délibérante, en se levant ou en restant assis.
SE LEVER signifie Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. "Se de son siège. Levez-vous de là, ce n'est pas votre place. Quand il entra, on se leva pour lui faire honneur."
Par analogie, "Se de table," Quitter la table après ou pendant le repas.
"Se pour une proposition, contre une proposition," Se , dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou le rejet d'une proposition.
"Lever la toile, le rideau," Lever la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs.
"Lever les yeux au ciel," Tourner les yeux vers le ciel. "Lever les yeux sur quelqu'un," Le regarder.
Fig., "Il n'ose pas les yeux," se dit de Quelqu'un qui, ayant quelque reproche à se faire, craint de voir et d'être vu.
Fig., "Lever les yeux sur...," Aspirer à, prétendre à. "Il osa les yeux sur un trop beau parti. L'ambitieux osa les yeux jusque sur la couronne."
"Lever la main sur quelqu'un," Se mettre en état de le frapper.
"Ne pas la main, le doigt, le petit doigt," se dit pour Refuser de faire le moindre effort. "Il ne lèverait pas le doigt pour vous obliger."
Fam., "Lever le pied," S'enfuir subitement et secrètement, pour cause de mauvaises affaires et par crainte de poursuites.
Fam., "Lever les épaules," Témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. "C'est à faire les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à les épaules." On dit plus souvent "Hausser les épaules."
Fig., "Lever la tête," S'enorgueillir, s'en faire accroire. "Il commence à la tête et à vouloir faire l'important." Il signifie aussi Se montrer, paraître avec plus de hardiesse.
Fig., "Lever l'étendard," Se déclarer chef d'un parti, d'une faction. "Lever l'étendard de la révolte. Lever l'étendard contre quelqu'un," Se déclarer ouvertement contre lui.
Prov. et fig., "Cela lève la paille," s'est dit d'une Chose singulière, extraordinaire ou décisive.
"Lever le coeur," Causer des nausées. "Cette odeur est intolérable : elle lève le coeur, elle fait le coeur." On dit aussi au figuré "Cela lève le coeur," Cela révolte, cela fait éprouver un grand mépris, un violent dégoût. On dit plus souvent dans les deux sens "Sou le coeur."
LEVER signifie aussi Redresser une personne ou une chose qui était dans une position horizontale. "Lever un enfant sur ses pieds, un malade sur son séant. Lever un pont-levis, une herse. Lever l'abattant d'un meuble."
"Lever quelqu'un," L'aider à se et à s'habiller. "Son valet de chambre le lève, est allé le ."
Absolument, "Se ," Sortir du lit. "Il se lève de bon matin. Il se lève bien tard. Il se porte mieux, mais il ne se lève pas encore. Il n'est pas encore levé." Fig., "Il faut se bien matin pour l'attraper," Il est très fin, très difficile à tromper.
Intransitivement, "Faire un lièvre, faire des perdrix," Faire partir un lièvre, faire partir des perdrix. On dit aussi "Lever un lièvre, des perdrix."
Fig. et fam., "Lever le lièvre." Voyez LIÈVRE.
Il signifie encore Ôter, enlever, retirer, écarter. "Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé ou les scellés. Lever le couvercle d'une marmite."
"Lever un corps," Procéder à l'enlèvement d'un corps mort par autorité publique. "On trouva un homme tué dans la rue, et la justice envoya le corps."
En termes de Jardinage, "Lever un arbre, une plante en motte," Arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient à leurs racines, afin de les transplanter.
Fig., "Lever le masque," Agir sans feinte après avoir tenu quelque temps une autre conduite pour donner le change. Il signifie aussi Se montrer tel qu'on est réellement. "Cet hypocrite a enfin levé le masque."
En termes de Marine, "Lever l'ancre," Retirer l'ancre ou les ancres qu'on avait jetées pour arrêter le vaisseau. "Toute la flotte leva l'ancre et mit à la voile."
En termes de Pêche, "Lever des filets, des lignes."
En termes d'Imprimerie, "Lever la lettre," Prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins et les arranger dans le composteur pour en former des mots et des lignes.
Fig., "Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule," Faire cesser une difficulté, un empêchement, écarter un obstacle, dissiper des doutes, un scrupule.
Fig., "Lever les défenses; l'interdit, l'excommunication; une opposition; la consigne, etc.," Révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc.
"Lever le siège d'une place," Retirer les troupes qui la tenaient assiégée.
"Lever le camp," en parlant d'une Armée, quitter l'emplacement de repos et se mettre en marche.
"Lever la garde, la sentinelle," Retirer des soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en faction. On dit plutôt "relever."
"Lever la séance," Déclarer que la séance est terminée, que les membres de l'assemblée doivent se séparer. "La séance est levée. Le directeur de l'Académie a levé la séance en signé de deuil."
En termes de jeu de Cartes, "Lever les cartes," ou "Lever la main," Faire la main, en les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. "J'ai déjà levé deux mains, trois mains."
LEVER signifie aussi Couper une partie sur un tout. Il se dit principalement en parlant des Étoffes. "Lever sur la longueur de la toile de quoi faire les poignets des chemises."
Il se dit également en parlant des Animaux qui servent à la nourriture et dont on coupe un membre ou quelque partie. "Lever un aloyau. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever une cuisse, une aile de poulet."
Il signifie en outre Percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter. "Lever les impôts, des impôts. On lève un droit sur cette denrée." On a dit de même autrefois "Lever les rentes seigneuriales, la dîme."
"Lever des soldats, une compagnie, un régiment, des troupes, une armée," Enrôler des soldats, mettre des troupes sur pied, mettre une armée sur pied.
En termes de Droit, "Lever un arrêt, une sentence; un acte chez un notaire," S'en faire délivrer une expédition.
"Lever le plan d'un terrain, d'une propriété, d'une place," Prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, le tracer.
LEVER est aussi intransitif et se dit des Plantes, des graines qui commencent à pousser et à sortir de terre. "Les blés commencent à ."
Il se dit aussi de la Pâte qui fermente. "Le levain fait la pâte. La pâte commence à lever."
SE LEVER se dit aussi du Soleil et des astres qui commencent à paraître sur l'horizon. "Le soleil en tel mois se lève à telle heure. Le soleil est levé. La lune se lèvera bientôt." On dit dans ce sens "Le jour se lève de bonne heure dans ce mois-ci."
Par analogie, "Le vent se lève," Il commence à souffler.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action de se du lit. "Il faut aller chez lui à l'heure de son , à son pour le trouver. Le du roi," ou simplement "Le ," Le moment où le roi recevait dans sa chambre, après qu'il était levé. "Le grand, le petit ."
Par analogie, "Le du soleil, de la lune, le des étoiles," L'instant où le soleil, la lune, les étoiles commencent à paraître sur l'horizon. On dit dans un sens analogue "Le de l'aurore. Le du jour."
"Le de la toile, le du rideau," L'instant où on lève la toile, le rideau qui cache la scène aux spectateurs. "Au du rideau la salle était à moitié vide."
"Le d'un plan," Action de tracer un plan d'après les mesures prises par l'arpentage. On écrit aussi quelquefois "Le levé des plans."



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 



 1   Placer dans une situation plus haute ce qui est étendu, pendant, etc. Levez cela davantage. On leva la poutre en l'air. Le succin frotté lève la paille. Cela est si pesant, qu'on ne saurait le de terre.
FLÉCH.: « Théodose, apprenant ces heureuses nouvelles, leva les mains au ciel »
RAC.: « Déjà pour la saisir Calchas lève le bras »
RAC.: « Et j'ai trop tôt vers toi [Neptune] levé mes mains cruelles [je t'ai trop tôt imploré] »
    Fig.
DUCIS: « ....Quand le coeur, de ses ennuis pressé, Lève à peine le poids dont il est oppressé »
    Lever la main, le bâton, le sabre sur quelqu'un, se mettre en devoir de le frapper.
SACI: « Ce sera un homme fier et sauvage ; il lèvera la main contre tous et tous lèveront la main contre lui [Ismaël] »
LESAGE: « Quelque mauvais que soit un fils, peut-il la main sur son père ? »
VOLT.: « On m'avait toujours dit que ce fut un Thébain Qui leva sur son prince une coupable main »
VOLT.: « Se pourrait-il qu'un frère, élevé dans mon sein, Pour mieux servir son roi, levât sur moi sa main ? »
    Lever la main, la dresser en l'air dans l'acte de prêter serment. Levez la main, et prononcez le serment.
    Familièrement. J'en lèverais la main, j'en ferais serment.
LEGRAND: « Il n'est rien plus certain, J'en lèverai le pied et, s'il le faut, la main »
    Jouer à lève-cul, jouer les uns après les autres en prenant la place de celui qui perd.
    Terme de fauconnerie. Voler à lève-cul, se dit de la manière de chasser de certains oiseaux, qui attendent le départ du gibier pour fondre dessus.
    Fig. Cela lève la paille, voy. PAILLE.
    Lever la toile, le rideau, retirer la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs.
    Lever le menton à une jeune fille, lui passer familièrement la main sous le menton en forme de caresse.
    Fig. Lever le menton à quelqu'un, le protéger, l'aider en ses affaires, en ses entreprises (métaphore tirée de la natation, où, pour aider quelqu'un qui apprend à nager, on lui tient le menton).
    Dans un langage libre, la jupe à une femme, la trousser.
VOLT.: « Être souvent réduite à emprunter une jupe pour aller se la faire par un homme dégoûtant »

 2   Lever les yeux, les tourner en haut.
BOSSUET: « Je lève, je baisse, je tourne, je roule les yeux »
    Lever les yeux au ciel, tourner les yeux vers le ciel, regarder le ciel.
BOSSUET: « Le moment du prince n'était pas encore venu [de faire le Tellier chancelier] ; et le tranquille ministre, qui connaissait les dangereuses jalousies des cours et les sages tempéraments des conseils des rois, sut encore les yeux vers la divine Providence, dont les décrets éternels règlent tous ces mouvements »
RAC.: « Ses yeux mal assurés N'osent au ciel leurs regards égarés »
RAC.: « Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes »
    Absolument. Lever les yeux, regarder en face, cesser de tenir le regard fixé sur la terre.
BOISSY: « Mais levez donc les yeux quand je vous interroge »
    Fig. Il n'ose pas les yeux, se dit d'une personne qui craint de voir et d'être vue, ayant quelque reproche à se faire, ou seulement craignant de rire, de rougir, etc.
SÉV.: « La Puisieux s'en est épanoui la rate [d'une petite mortification de Mme de Gêvres] ; Mademoiselle [la fille du frère de Louis XIII] n'osait les yeux ; et moi, j'avais une mine qui ne valait rien »
    En un autre sens. Ne pas les yeux, ne pas cesser de regarder. Il n'a pas levé les yeux de dessus son livre.
ROLLIN: « Les Argiens surtout ne pouvaient les yeux de dessus celui qui avait entrepris cette guerre exprès pour eux »
LAMOTTE: « Ce maudit Aldobrandin, qui ne levait presque pas les yeux de dessus elle »
    Lever les yeux sur quelqu'un, le regarder.
STAËL: « Peu de jours s'étaient écoulés et Lucile commençait à peine à ses timides regards sur son époux »
    Fig. Lever les yeux, être ému.
FÉN.: « La honteuse lâcheté de nos moeurs nous empêche de les yeux pour admirer le sublime de ces paroles : Aude, hospes, contemnere opes »
    Fig. Lever les yeux sur, aspirer à, prétendre à.
VOLT.: « Que sur Aménaïde il ait levé les yeux, Qu'il ait osé prétendre à s'unir avec elle ? »
    Lever un oeil présomptueux, téméraire sur..., être présomptueux, téméraire en quelque prétention.
VOLT.: « Je ne veux point un oeil présomptueux Vers le voile sacré que vous jetez sur eux [des secrets] »
    Familièrement. Lever le pied, s'en aller, s'enfuir. Il a eu peur, et a levé le pied. Lever le pied pour cause de mauvaises affaires.
    Lever les épaules, témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. C'est à faire les épaules.
    Fig. et familièrement. Lever la crête, s'enorgueillir, s'en faire accroire. Il commence à la crête, à vouloir faire l'entendu.
    Lever la crête signifie aussi, se montrer, paraître avec plus de hardiesse.
    Fig. Lever la tête, le front, s'enorgueillir.
RAC.: « Lève, Jérusalem, lève ta tête altière ; Regarde tous ces rois de ta gloire étonnés »
VOLT.: « Messène, après quinze ans de guerres intestines, Lève un front moins timide, et sort de ses ruines »
VOLT.: « ....Et la Ligue ennemie, Levant contre son prince un front séditieux, Nous confond dans sa rage et nous poursuit tous deux »
DIDER.: « Nous ne voyons dans aucun auteur, soit grec, soit latin, la moindre trace de cette secte ; elle ne commence à la tête que depuis la naissance du mahométisme »

 3   Terme d'agriculture. Lever les guérets, donner le premier labour aux terres qui se reposent depuis quelque temps.

 4   Redresser une personne ou une chose qui était couchée ou penchée. Lever un malade sur son séant. Lever un tonneau. Lever un pont-levis.
    Lever quelqu'un, l'aider à se et à s'habiller. Son valet de chambre le lève, l'aide à se . Il est paralytique, il faut le .

 5   Terme de chasse. Lever le lièvre, les perdrix, faire partir le lièvre, les perdrix.
    Fig. Il a levé le lièvre, il a le premier ouvert un avis, donné lieu à une question, à un débat, trouvé un expédient.

 6   Terme de marine. Lever l'ancre, arracher l'ancre du fond de la mer par le moyen de son câble.
    Lever l'ancre par les cheveux, la tirer du fond de la mer par son orin.
    Lever les accores, retirer les accores d'un navire dont la construction est achevée.
    Lever les épontilles, les faire tourner sur les charnières pour les fixer horizontalement, sous le pont supérieur.
    Lever les lofs, carguer en partie les points des basses voiles pour les dégager en les élevant au-dessus des bastingages, lorsqu'on vire de bord.
    Lever une garcette ou une bosse, démarrer cette garcette ou cette bosse de dessus le câble, le cordage, ou l'objet sur lequel elle est frappée.
    Lever un navire, en monter les couples dits de levée, c'est-à-dire les principaux couples.
    Lever rame, suspendre la nage en élevant au-dessus de l'eau les pales des rames, et en laissant les avirons dans la position horizontale et prêts à fonctionner de nouveau.
VILLETTE-MURSAY: « Nous n'en étions qu'à une portée de mousquet quand je commandai à nos gens de rame et de prendre des pistolets et des mousquetons pour attendre nos ennemis »

 7   Ôter, enlever, écarter. Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé. Lever une serrure. Lorsqu'il arriva pour dîner, le premier service était levé.
BOILEAU: « En vain à tout les valets sont fort prompts, Et les ruisseaux de vin coulent aux environs »
    Lever le masque, voy. MASQUE.
    Fig. Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule, les écarter.
CORN.: « Il est des moyens sourds pour un obstacle »
D'ABLANCOURT: « Néron lui leva toutes sortes de défiances par ses caresses »
MOL.: « ....Je sais l'art de les scrupules »
BOSSUET: « Quand vous seriez venue à bout de leur cette appréhension »
LESAGE: « Il peut y avoir des difficultés qui ne s'offrent point à mon esprit, mais nous les lèverons »
    Lever les défenses ; l'interdit, l'excommunication ; une opposition ; la consigne, etc. ; révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc.
PASC.: « Il a été raisonnable que Dieu levât cette obligation fâcheuse »
BOSSUET: « Mes frères, réjouissons-nous : le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ a levé cette excommunication de la loi [défense d'entrer dans le saint des saints] ; écoutez l'apôtre saint Paul, qui vous dit qu'il a pénétré au-dedans du voile »
DUCLOS: « Les ambassadeurs lui déclarèrent (31 mars) que, si dans huit jours il ne posait les armes et s'il ne levait les censures, ils se retireraient »

 8   Terme de jardinage. Lever de terre, ou, simplement, , retirer de terre des plantes, des oignons, lorsque la saison des fleurs est passée. Lever des tulipes, des renoncules.
    Lever un arbre, une plante en motte, arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient aux racines, afin de les transplanter.

 9   Terme d'imprimerie. Lever la lettre, prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins, et les arranger dans le composteur pour en former des mots et des lignes.
    Lever la correction d'une épreuve, mettre dans le composteur toutes les lettres nécessaires pour cette opération

 10   Lever le siége d'une place, retirer les troupes qui la tenaient assiégée.
    Fig. et familièrement. Lever le siége, s'en aller.
    Lever le camp, s'en aller en parlant d'une troupe. Cette armée a levé le camp.
    Ces troupes ont levé le piquet, elles se sont retirées avec quelque précipitation (locution qui vient des piquets qui fixent la tente et qu'on ôte pour s'en aller).
    Lever la garde, la sentinelle, retirer des soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en faction.
    Terme de marine. Lever la chasse, cesser de poursuivre un bâtiment.

 11   Lever la séance, déclarer que la séance est terminée, que les membres de l'assemblée doivent se séparer.
C. DELAV.: « Ma volonté ce soir une fois approuvée, Ma cour la connaîtra ; la séance est levée »
    Absolument.
SAINT-SIMON: « Il était près de huit heures quand le conseil leva »
SAINT-SIMON: « Demeurer en séance, quand la cour levait, était une indécence pour tout le parlement Cet emploi a vieilli. »

 12   Terme de trictrac. Lever, mettre sur la bande les dames, après les avoir toutes passées dans le jan de retour.
    Absolument. J'aurai levé avant vous.
    Au jeu de cartes, les cartes, ou la main, faire la main, en les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. J'ai déjà levé deux mains, trois mains. On dit aussi un pli.

 13   Couper une partie sur un tout, en parlant d'animaux que l'on mange. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever une cuisse de poulet.
MARIV.: « Je jetai quelques regards nonchalants sur un poulet d'assez bonne mine, dont je levai nonchalamment aussi les deux ailes »
    Terme de vénerie. Lever le pied du cerf, le couper pour en faire honneur au maître de la chasse.
    Il se dit en parlant des étoffes.
MOL.: « Ah ! ah ! monsieur le tailleur, voilà de mon étoffe du dernier habit que vous m'avez fait ; je la reconnais bien. - C'est que l'étoffe me sembla si belle, que j'en ai voulu un habit pour moi. - Oui, mais il ne fallait pas le avec le mien »
SÉV.: « Je fus hier pour bien de l'argent d'étoffes chez Gautier, pour me faire belle en Provence »
LESAGE: « Un habit d'un très beau velours bleu fut levé et fait à Salamanque »
LEGRAND: « J'étais allé, comme tu sais, des étoffes pour habiller mon monde »

 14   Recueillir. Lever les fruits d'une terre.
    Percevoir, faire rentrer, en parlant de taxes.
MONTESQ.: « Les rois ne levaient rien sur les terres qui étaient du partage des Francs »
VOLT.: « Ce ministre [Sully], aussi éclairé qu'intègre, trouva qu'en 1596 on levait cent cinquante millions sur le peuple pour en faire entrer environ trente dans le trésor royal »
RAYNAL: « Cette espèce de tribut qui, quoique difficile à , rend à l'État deux millions cinq cent mille livres, est perçu dans la rade d'Elseneur »
BÉRANG.: « Lui-même à table et sans suppôt Sur chaque muid levait un pot D'impôt »
    On a dit de même autrefois : les dîmes, les rentes seigneuriales.

 15   Enrôler pour le service militaire. Lever des troupes, une armée.
CORN.: « J'ai fait des gens par des ordres secrets Qu'à vous suivre en tous lieux vous trouverez tout prêts »
SÉV.: « Un des régiments qu'il fait en Bretagne »
BOSSUET: « Les rebelles s'étaient saisis des arsenaux et des magasins.... il était encore plus aisé au roi de des soldats que de les armer »
DUCLOS: « Le roi [Louis XI] employa les fonds de ces compagnies à un corps de Suisses ; c'est de ce temps-là qu'ils sont entrés au service de France »
VOLT.: « Tout prince qui lève trop de soldats peut ruiner ses voisins, mais il ruine sûrement son État »

 16   Lever un corps, procéder, par autorité publique, à l'enlèvement d'un corps mort.
    Lever un corps saint, le tirer du tombeau avec cérémonie, pour l'exposer à la vénération des fidèles.
    Lever un enfant, faire emporter à l'hôpital, par autorité publique, un petit enfant exposé.
    Toutes ces locutions viennent de ce que, effectivement, on lève de terre le mort, le saint, l'enfant.

 17   Lever un arrêt, une sentence, un acte chez un notaire, s'en faire délivrer une expédition.
    Prendre chez un dépositaire. Lever des titres. Lever cent kilos de tabac.

 18   Lever le plan d'une place, de quelque lieu, prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, et aussi le tracer.
VOLT.: « Des ingénieurs levaient des cartes dans tout l'empire »

 19   Lever boutique, ménage, commencer à tenir boutique, à tenir ménage, etc.

 20   Terme de manége. Lever un cheval à cabrioles, à pesades, à courbettes, manier un cheval à cabrioles, etc.
    Lever le devant, c'est la même chose que à courbettes.

 21   Terme de féodalité. Lever le cri, proférer le cri d'alarme.
    Lever bannière, exercer le droit d'un banneret, en mettant son étendard en girouette, pour appeler ses vassaux aux armes.
    Fig. Lever l'étendard. se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Lever l'étendard de la révolte.
    Lever l'étendard contre quelqu'un, se déclarer ouvertement contre lui.

 22   V. n. Commencer à germer, en parlant des graines et des plantes.
BUFF.: « J'ai pris des glands germés auxquels j'ai coupé le tiers, la moitié, les trois quarts et même toute la radicule ; je les ai semés dans un jardin où je pouvais les observer à toute heure, ils ont tous levé, mais les plus mutilés ont levé les derniers »
VOLT.: « L'erreur alors universelle que les grains doivent pourrir en terre pour »
    Fig.
J. J. ROUSS.: « La semence de la vertu lève difficilement »

 23   Éprouver le soulèvement qui accompagne la fermentation. La pâte commence à . Le levain fait la pâte.

 24   Se , v. réfl. Être levé, porté en haut. À peine fûmes-nous au théâtre que la toile se leva.
BOSSUET: « Je veux que ma main se lève, que mon bras s'étende, que ma tête, que mon corps se tourne, cela se fait »

 25   Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. Il était étendu à terre, il se leva.
CORN.: « Nous nous levons alors, et tous en même temps Poussons jusques au ciel mille cris éclatants »
SACI: « Je me lèverai maintenant, dit le Seigneur, je signalerai ma grandeur, je ferai éclater ma puissance »
RAC.: « Lève-toi, m'a-t-il dit, prends ton chemin vers Suse »
LAMART.: « Levons-nous, et lançons les derniers anathèmes, Prenons les droits du ciel, et chargeons-nous nous-mêmes Des justices de Dieu »
    Quitter le siége sur lequel on était assis.
ROLLIN: « Les vieillards étaient fort respectés en Égypte : les jeunes gens étaient obligés de se devant eux et de leur céder partout la place d'honneur »
VOLT.: « Telle était la vénération qu'on avait pour lui [Virgile] à Rome, qu'un jour, comme il vint à paraître au théâtre après qu'on y eut récité quelques-uns de ses vers, tout le peuple se leva avec des acclamations »
    Se pour une proposition, contre une proposition, voter, en se levant, dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou pour le rejet d'une proposition.
    Cesser une séance.
CORN.: « Allez dire au sénat, Flavian, qu'il se lève ; Quoi qu'il ait commencé, je défends qu'il achève »
    Se de table, quitter la table, après ou pendant le repas.
BOILEAU: « Le prélat radouci veut se de table »
DESTOUCHES: « Vous moquez-vous de moi ? vous au dessert ? Et, pour me planter là, sortir l'un après l'autre »
    Absolument. Se , sortir du lit.
SÉV.: « Vous avez caqueté dès le troisième jour, vous vous êtes levée dès le dixième »
VOLT.: « Il [le roi de Prusse] se levait à cinq heures du matin en été, et à six en hiver »
    Terme de chasse. Avec suppression du pronom personnel, faire un lièvre, faire des perdrix, faire partir un lièvre, faire partir des perdrix.
PICARD: « Pour me servir d'un terme de chasseur, c'est lui qui faisait le lièvre ; c'est moi qui le tuais »

 26   Commencer à paraître sur l'horizon, en parlant du soleil, de la lune et des autres astres. Le soleil se lève à telle heure Les Égyptiens observaient quand Sirius se levait.
LAMART.: « [Ô lune] Astre ami du repos, des songes, du silence, Tu ne te lèves pas seulement pour les yeux »
LAMART.: « Quand le tour du soleil ou commence ou s'achève, D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ; En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours »
LAMART.: « Vénus se lève à l'horizon ; à mes pieds l'étoile amoureuse De sa lueur mystérieuse Blanchit les tapis de gazon »
    On dit dans le même sens : le jour se lève.
ROTR.: « Maximin de retour Des pays reculés où se lève le jour »
RAC.: « Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux »
    Fig.
BOSSUET: « Une même lumière nous paraît partout : elle se lève sous les patriarches ; sous Moïse et sous les prophètes elle s'accroît »
MASS.: « La lumière du ciel se lèvera ici sur vous »
VOLT.: « Un soleil plus serein se lève sur vos têtes »

 27   Commencer à se faire sentir, en parlant du vent, des brouillards, etc.
FÉN.: « Le vent favorable se lève »
ROLLIN: « Heureusement pour eux, il se leva du côté de la mer un brouillard épais qui couvrait tous les environs de la ville »
    On dit que le temps se lève, lorsqu'il se dégage des nuages qui interceptaient la vue du ciel, ou qu'il tend à s'embellir.

 28   Être levé, perçu. Ces impôts se lèvent difficilement.

PROVERBES
    Il faudra se bien matin pour l'attraper, se dit d'un homme fin, habile (voy. MATIN).
    Il a beau se tard, qui a le bruit de se matin.

SYNONYME
    1° LEVER, HAUSSER. La différence primitive est dans la situation de ce qu'on hausse ou lève. Hausser s'applique à ce qui est bas ; à ce qui est étendu. Ce tableau est trop bas, haussez-le. Cette planche est à terre, levez-la.
    2° Lever un plan, faire un plan. Lever un plan et faire un plan sont deux opérations très distinctes. On lève un plan en travaillant sur le terrain, c'est-à-dire en prenant des angles et en mesurant des lignes, dont on écrit les dimensions dans un registre, afin de se ressouvenir pour faire le plan. Faire un plan, c'est tracer en petit sur du papier, sur du carton ou toute autre matière semblable, les angles et les lignes déterminées sur le terrain dont on a levé le plan.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XI: Li empereres est par matin levet
     ib. CCXVI: Granz est li chauz, si se leva la poudre
    XIIème siècle
     Ronc. 192: Pinabaux s'agenouille, et Tierris se leva
     ib. 8: Lever [dresser] son tref [sa tente]
     ib. 109: [Ils font] Par les grans combes la poudrere
     ib. 137: Et nostre lois levée [élevée] et essauciée
     ib. 183: Cil qui le gardent en ont le cri levé [quand il s'enfuit]
     Machab. I, 3: Lors se leva Judas, qui estoit apelez Machabé, en son lue [lieu]
    XIIIème siècle
ALEBRANT: « Li pains ki est bien cuis et bien levés et fais d'un jor »
VILLEH.: « Et leur manderent que li empereres Alexis s'en estoit fuis, et qu'il avoient l'empereur Kirsac levé à seigneur »
VILLEH.: « Lors par le commandement des princes et des barons se leva en piés Quenes de Bethune »
VILLEH.: « Et li cris lieve en l'ost, et s'en issirent à desroi »
VILLEH.: « Et nous commanderent [les barons] que nous vous en cheissions as piés [que nous nous jettassions à vos pieds], et que nous n'en leviessiemes devant vous que vous le nous ariés otroié »
     Berte, XV: Le coutel [elle] a saisi, si l'a amont levé
     ib. XLII: Après [se] leva la lune et bele et claire et pure
     ib. LXXVII: Si malade qu'à peine jamais en a
H. DE VALENC.: « Il m'avoient si durement levé le pied que je n'osoie parler encontre els »
     Ren. 22026: Et li venerres [le veneur] vet devant Sor un grant chaceor liart ; Atant ont levé un renart
     la Rose, 2512: Car, s'il fust jor, je me levasse
BEAUMANOIR: « Et quant il a ce dit, cil qui est apelés doit dire : je vos en lieve comme parjure [c'est-à-dire je fais le témoin qui s'était agenouillé pour jurer] »
BEAUMANOIR: « Nus [nul] ne doit espouser.... ne cele avoc qui il a levé [tenu sur les fonts] autrui enfant »
BEAUMANOIR: « Nus ne doit penre l'autrui coze, ne qu'il truist [ce qu'il trouve] hors de quemin commun »
BEAUMANOIR: « Je ne li lerai pas les yssues [produits] »
RUTEB.: « L'autre ier un jor jouer aloie Devers l'Auçoirrois Saint Germain, Plus matin que je ne soloie, Que ne lief pas volentiers main »
     Ass. de Jérus. I, 30: Et quant le devant dit rei a ce fait, le patriarche le lieve en piés, et le prent par la main destre
JOINV.: « Le roy donna journée l'endemain de la Saint-Barthelemy, à laquelle journée le saint cors fut levé »
    XIVème siècle
H. DE MONDEVILLE: « Le pain doit estre de bon fourment, moianement cuit, et levé, ne viel ne nouvel »
     Ménagier, II, 2: Quant les feves se lievent hors de terre
    XVème siècle
FROISS.: « Adonc s'avisa le roi de France qu'il s'en iroit atout son ost devant Calais pour [faire ] le siege, s'il pouvoit aucunement »
FROISS.: « Nous n'osons les yeux »
COMM.: « Et avant qu'il fust midy, le pont fut levé jusques à l'autre part de la riviere »
COMM.: « Les roys d'Angleterre ne levent jamais riens que leur domaine, si ce n'est pour ceste guerre de France »
E. DESCH.: « Car qui poure [pauvre] est et vuiz [vide, exempt] de villenie, Devant tous puet bien sa teste »
     Hist. d'Artus III, connest. de France, p. 790, dans LACURNE: Là vint le cardinal d'Avignon, qui venoit en Bretagne pour [mettre en châsse] saint Vincent
    XVIème siècle
MAROT: « Leve le coeur, ouvre l'oreille, Peuple endurci, pour escouter »
LANOUE: « Les assemblées qui souvent se font aux provinces pour decider querelles, ou pour la gerbe, seroyent alors converties en douces et agreables contentions »
LANOUE: « Cest ordre seroit aussi gardé, que six vingt chevaux, ou cent au moins, pourroyent enseigne, et former une compagnie »
LANOUE: « Lorsqu'il leve des regimens d'Alemans »
LANOUE: « Quand on seme force honneurs, on fait beaucoup de vertu »
CASTELNAU: « Pour la prier de sur les saints fonts de baptesme la fille de Sa Majesté »
M. DU BELL.: « Esperant que par ce moyen il oit [ôterait] l'occasion aux François de plus passer en Italie »
RAB.: « Grandgousier se leva de sus l'herbe »
RAB.: « Pour sa chemise [de Gargantua] feurent levées 900 aulnes de toile »
RAB.: « Il me desplaist par trop de guerre »
RAB.: « Il la leva de terre avecques le petit doigt »
RAB.: « Puys leva les yeulx on ciel »
RAB.: « Ung pré, duquel faisant les fossez, toucharent les piocheurs, de leurs marres, ung grand tombeau de bronze »
MONT.: « À l'endroict du ciel où le soleil se leve »
MONT.: « Se de table »
MONT.: « Lever les yeulx de sa besongne »
MONT.: « Les subsides et impositions que levoient ses predecesseurs »
AMYOT: « Quelque temps après il se leva à Rome une peste si violente, que les hommes en mouroient tout subitement »
AMYOT: « Il voulut que le temple de Saturne fust le tresor publique auquel on deposeroit tout l'argent qui se oit sur le peuple »
AMYOT: « Il se leva un petit vent, qui esleva le dessus seulement et le plus delié de celle terre pouldreuse »
AMYOT: « Ilz sont aussi marris quand on les esveille, ou qu'on les lieve, comme sont ceulx qui sont fort espris de sommeil »
AMYOT: « Et pource que l'on ne trouvoit point les clefz, il feit venir des serruriers, et feit les serrures »
LEROUX DE LINCY: « Lever à six, manger à dix, souper à six, coucher à dix, font vivre l'homme dix fois dix »

ÉTYMOLOGIE
    Génev. la table, la desservir ; provenç. levar ; espagn. llevar ; ital. levare ; du lat. levare, qui est le dénominatif actif de levis (e bref), voulant dire d'abord alléger, puis delà, une chose en haut, la traiter comme une chose légère (voy. LÉGER).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. LEVER. Ajoutez :

 29   Dans le canton de Vaud, la vigne, l'attacher à l'échalas.

 30   Terme de lapidaire.
CHRITEN: « Retirer la pierre de dessus la roue »


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Action de .
    Terme de théâtre. Le de la toile, le du rideau, l'instant où on lève la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs.
    Un de rideau, petite pièce qu'on joue avant la grande pièce de la soirée, pour donner aux spectateurs attardés le temps d'arriver.

 2   Terme de manége. Lever ou soutien, nom donné (les extrémités du cheval pendant la marche étant alternativement en l'air et sur le sol) au premier de ces instants, par opposition à poser.

 3   L'heure, le temps auquel on se lève. Il faut aller chez lui à l'heure de son , à son .
    Absolument, le , le moment où le monarque reçoit dans sa chambre, après qu'il est levé.
SÉV.: « Il [le roi] disait l'autre jour à son que Fouquet était un homme dangereux ; voilà ce qu'on lui met dans la tête »
    On écrit aussi levé.
MOL.: « Parbleu ! je viens du Louvre, où Cléonte, au levé, Madame, a bien paru ridicule achevé »
    Petit et grand du roi, dans l'étiquette de l'ancien régime. Dès que le roi était réveillé et avait récité l'office du Saint-Esprit, le petit commençait ; le grand avait lieu lorsque le roi était peigné et rasé (voy. CHÉRUEL, Dictionnaire des institutions, étiquette, ? 3).

 4   Le du soleil, de la lune, le moment où le soleil, la lune paraît sur l'horizon.
TH. CORN.: « Vous avez, dans un trouble à nul autre pareil, Prévenu ce matin le du soleil »
BOSSUET: « Qui n'admire ce bel astre [le soleil] ? qui n'est ravi de l'éclat de son midi et de la superbe parure de son et de son coucher ? »
    On dit dans le même sens : le du jour.
M. J. CHÉN.: « Pourquoi devances-tu le de l'aurore ? »
    Lever d'une étoile, le moment où elle s'élève au-dessus de l'horizon. Il y a pour les astronomes trois espèces de s des étoiles : le cosmique, le acronyque, le héliaque.
    Lever astronomique, le moment où un astre arrive sur l'horizon rationnel, c'est-à-dire à 90 degrés du zénith. Lever apparent, le moment où l'astre se montre, en vertu de la réfraction et de la parallaxe.

 5   Terme de géométrie pratique. Se dit des délinéations ou des croquis d'un topographe, opérant soit trigonométriquement, soit à vue.
    Le d'un plan. Des s à vue, à la planchette.
    On dit aussi : de mine, de bâtiment, de machine.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
RABEL.: « Et tousjours premier estoit on du bon Pantagruel »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Au futur, "Je lèverai," et au conditionnel, "Je lèverais.") Hausser, faire qu'une chose soit plus haute qu'elle n'était. "Levez cela plus haut. Levez cela davantage. Levez cela en l'air. Cela est si pesant, qu'on ne saurait le de terre. Ces machines lèvent plus de dix quintaux pesant. Lever la bonde d'un étang, la pale d'un moulin. Lever la crémaillère d'un cran, de deux crans. Lever les glaces d'une voiture. L'ambre lève la paille. Levez le pied de ce cheval. Lever la visière d'un casque. Une femme qui lève son voile. Levez votre robe, votre manteau qui traîne. À la messe, le prêtre, après la consécration, lève l'hostie, lève le corps de Notre-Seigneur. Lever la tête. Lever les épaules. Lever les mains au ciel. Quand on prête serment devant un juge, il fait la main. Levez la main, et dites la vérité."
"Lever la toile, le rideau," Lever la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs.
"Lever les yeux au ciel," Tourner les yeux vers le ciel. "Lever les yeux sur quelqu'un," Le regarder.
Fig., "Il n'ose pas les yeux," se dit D'un homme qui, ayant quelque reproche à se faire, craint de voir et d'être vu.
Fam., "J'en lèverais la main," J'en ferais serment.
"Lever la main, le bâton, le sabre sur quelqu'un," Se mettre en état de le frapper.
Fam., "Lever le pied," S'enfuir subitement et secrètement, pour cause de mauvaises affaires.
Fam., "Lever les épaules," Témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. "C'est à faire les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à les épaules."
Fig. et fam., "Lever la crête," S'enorgueillir, s'en faire accroire. "Il commence à la crête, et à vouloir faire l'entendu." Il signifie aussi, Se montrer, paraître avec plus de hardiesse. On dit également, dans ce dernier sens, "Lever la tête."
Fig., "Lever l'étendard," Se déclarer chef d'un parti, d'une faction. "Lever l'étendard de la révolte." Et, "Lever l'étendard contre quelqu'un," Se déclarer ouvertement contre lui.
Prov. et fig., "Cela lève la paille," se dit D'une chose singulière, extraordinaire ou décisive.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Redresser une personne ou une chose qui était couchée ou penchée. "Lever un enfant sur ses pieds, un malade sur son séant. Lever un tonneau quand le vin est à la barre ou au bas; le à demi; le tout à fait. Lever le pont-levis d'un château. Les portes sont fermées, le pont est levé."
"Lever quelqu'un," L'aider à se et à s'habiller. "Son valet de chambre le lève, est allé le ."
"Faire un lièvre, faire des perdrix, Faire partir un lièvre, faire partir des perdrix." Dans ces phrases, "Lever" est neutre.
Fig. et fam., "Lever le lièvre," Faire le premier une proposition, ou trouver un expédient dont les autres ne s'étaient point avisés.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Ôter, enlever, retirer, écarter. "Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé. Lever une serrure. Lever le couvercle d'une marmite. Lorsqu'il arriva pour dîner, le premier service était levé. Lever un plat. Lever la nappe. Il faut deux pieds de cette terre, avant de trouver le tuf."
En termes de Jardinage, "Lever un arbre, une plante en motte," Arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient à leurs racines, afin de les transplanter.
"Lever le masque à quelqu'un dans un bal," Sou son masque pour chercher à le reconnaître.
Fig., "Lever le masque," Agir ouvertement et sans se contraindre, après avoir tenu quelque temps une autre conduite. On ne le dit guère qu'en mauvaise part.
En termes de Marine, "Lever l'ancre," Retirer l'ancre ou les ancres qu'on avait jetées à la mer pour arrêter le vaisseau. "Toute la flotte leva l'ancre, et mit à la voile."
En termes d'Imprimerie, "Lever la lettre," Prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins, et les arranger dans le composteur pour en former des mots et des lignes. "Ce compositeur lève bien la lettre."
Fig., "Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule," Faire cesser une difficulté, un empêchement, écarter un obstacle, dissiper des doutes, un scrupule.
Fig., "Lever les défenses; l'interdit, l'excommunication; une opposition; la consigne, etc.," Révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc.
"Lever le siége d'une place," Retirer les troupes qui la tenaient assiégée. "Il a levé le siége. On lui a fait le siége."
"Ce général a levé le camp," Il a fait décamper son armée. "Cette armée a levé le camp," Elle a décampé. "Ces troupes ont levé le piquet," Elles se sont retirées avec quelque précipitation.
"Lever la garde, la sentinelle," Retirer des soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en faction.
"Lever la séance," Déclarer que la séance est terminée, que les membres de l'assemblée doivent se séparer. "La séance est levée. Le président a levé la séance à trois heures."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, au Trictrac, Quand le joueur a passé toutes ses dames dans le jan de retour, et qu'il les lève ensuite sur la bande. "Je lève deux dames à chaque coup." Il s'emploie aussi absolument dans ce sens. "J'aurai levé avant vous."
Au Jeu de cartes, "Lever les cartes," ou "Lever la main," Faire la main, en les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. "J'ai déjà levé deux mains, trois mains."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Couper une partie sur un tout. Il se dit principalement en parlant Des étoffes. "Lever sur la longueur de la toile de quoi faire les poignets des chemises. Lever deux aunes de drap pour faire un habit."
Il se dit également en parlant Des animaux qui servent à la nourriture, et dont on coupe un membre ou quelque partie. "Lever un aloyau. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever une cuisse, une aile de poulet, de chapon, de perdrix."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie en outre, Percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter. "Lever les fruits d'une terre. Lever les impôts, des impôts. On lève annuellement tant de millions sur ce royaume. On lève un droit sur cette denrée." On a dit de même autrefois, "Lever les rentes seigneuriales, la dîme."
"Lever des soldats, une compagnie, un régiment, des troupes, une armée," Enrôler des soldats, mettre des troupes sur pied, mettre une armée sur pied.
"Lever un corps," Faire emporter un corps mort. Cela ne se dit que lorsqu'on procède à l'enlèvement par autorité publique. "C'est au maire de la commune du mort à le corps. On trouva un homme tué dans la rue, et la justice envoya le corps."
"Lever un corps saint," Le tirer du tombeau avec cérémonie, pour l'exposer à la vénération des fidèles.
"Lever un enfant," se dit en parlant D'un petit enfant exposé que l'autorité fait emporter à l'hôpital.
"Lever un arrêt, une sentence; un acte chez un notaire," S'en faire délivrer une expédition.
"Lever le plan d'une place, de quelque lieu," Prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, le tracer.
"Lever boutique, ménage," Commencer à tenir boutique, à tenir ménage, etc.
En termes de Manége, "Lever un cheval à cabrioles, à pesades, à courbettes," Manier un cheval à cabrioles, etc.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi neutre, et se dit Des plantes, des graines qui commencent à pousser et à sortir de terre. "On a semé là du gland, voilà des chênes qui commencent à . Les orges lèvent plus vite que les froments. Les blés commencent à ."
Il se dit aussi De la pâte qui fermente. "Le levain fait la pâte. La pâte commence à ."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. "Se de son siége. Levez-vous de là, ce n'est pas votre place. Quand il entra, on se leva pour lui faire honneur."
"Se de table," Quitter la table, après ou pendant le repas.
"Se pour une proposition, contre une proposition," Se , dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou pour le rejet d'une proposition. "Les trois quarts de l'assemblée se sont levés contre la proposition."
Absol., "Se ," Sortir du lit. "Il se lève de bon matin. Il se lève bien tard. Il se porte mieux, mais il ne se lève pas encore."
Prov. et fig., "Il faut se bien matin pour l'attraper," Il est très-fin, très-difficile à tromper.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, se dit aussi Du soleil et des astres qui commencent à paraître sur l'horizon. "Le soleil en tel mois se lève à telle heure. Le soleil est levé. Il se lève de tel côté. Voilà Jupiter qui se lève. La lune se lèvera bientôt." On dit en ce sens, "Le jour se lève de bonne heure dans ce mois-ci."
"Le vent se lève," Il commence à souffler.



10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


L'heure, le temps auquel on se lève. "Il faut aller chez lui à l'heure de son , à son , pour le trouver. Il était au du roi." On dit aussi, "Le " tout court, en parlant Du moment où le roi reçoit dans sa chambre, après qu'il est levé. "Je suis allé au . Je l'ai vu au . Il assiste à tous les s. Le grand, le petit ."
"Le du soleil, le des étoiles," L'instant où le soleil et les étoiles commencent à paraître sur l'horizon. On dit dans un sens analogue, "Le de l'aurore."
"Le de la toile, le du rideau," L'instant où on lève la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs. "Au du rideau, la pièce commence."




Emplacement dans le dictionnaire :

levantin
levantine
levé
leve
lève
lève-gazon
lève-nez
levée
levement

lever-dieu
léviathan
levier
lévier
levière
levis
lévite
lévitique
lévogyre
levraut
lèvre




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...es-tu si téméraire, Ménélas ? Parle. Ménélas mets un frein à ta colère. Lève un instant les yeux, et je vais, sur ma foi, y prendre le début de ma réponse. Agamemnon quoi ? Je craindrais de lever les yeux, moi, fils d'Atrée ? Ménélas reconnais-tu ceci ? Agamemnon je fais ce qui m'agrée. Ô noire perfidie ! Attentat décevant ! Rendras-tu cette lettre ? Ménélas il faut qu'auparavant le camp...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...de la divinité et les astres contraires nous sauront-ils tramer un mal plus redouté que la haine entre frères ? Agamemnon je t'accuse à mon tour, mais je te parlerai sans trop enfler la voix, sans lever les paupières insolemment. Ecoute, et je me souviendrai et quel est notre rang et que nous sommes frères. Je m'étonne vraiment, voyant ce que ton coeur communique à tes yeux, contre moi, de fureur !...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...ordonne, ai-je la liberté de refuser ma vie à la divinité ? Venez, conduisez-moi, devant toute la Grèce, sur le terrible autel de la fière déesse. Venez, immolez-moi : je verrai sans horreur se lever le couteau du sacrificateur. Qu'on répande mon sang ; la terre de Phrygie de ce sang virginal sera bientôt rougie ; et partout l'on verra nos guerriers triomphants. Ce sera mon hymen, mon époux,...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...malsaine et factice où elle allait languir et se faner. 2e PARTIE, IX Jours encore paisibles. Nos jours s'écoulaient très doucement, au pied des énormes cocotiers qui ombrageaient notre demeure. Se lever chaque matin, un peu après le soleil ; franchir la barrière du jardin de la reine ; et là, dans le ruisseau du palais, sous les mimosas, prendre un bain fort long, -qui avait un charme particulier,...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...qu'on a fermé les yeux. J'étais singulièrement troublé, et mes idées étaient bouleversées ; j'avais perdu toute conscience du temps et de l'heure qu'il pouvait bien être. Je tremblais de voir se lever le jour, et d'arriver juste à temps pour le départ du Rendeer sans pouvoir retourner dans ma chère petite case, ni même embrasser Rarahu que peut-être je ne reverrais plus... 2e PARTIE, XLIII...


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